Chaque année, le 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes, une occasion importante pour rappeler les luttes, les progrès et les défis qui demeurent dans la promotion des droits des femmes. En République démocratique du Congo, l’édition 2026 est célébrée sous le thème national « Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles », un appel fort à renforcer l’accès des femmes aux ressources, aux opportunités économiques et à la participation active dans la société.
Dans un contexte marqué par les crises sécuritaires et humanitaires dans l’Est du pays, ce thème prend une signification encore plus profonde. Les femmes, notamment celles vivant dans les zones touchées par les conflits autour de Kanyaruchinya (chefferie de Bukumu, Territoire de Nyiragongo, province du Nord Kivu en RDC), font face à de nombreuses vulnérabilités : perte des moyens de subsistance, insécurité alimentaire, traumatismes liés aux violences et instabilité sociale. Pourtant, malgré ces défis, ces femmes continuent de faire preuve d’une résilience remarquable et d’une volonté forte de reconstruire leur vie et celle de leurs familles.
C’est dans cette perspective que COMEN met en œuvre le projet ‘’ Appui à la cohésion sociale et réduction de la violence masculine en contexte d’urgence post-conflit en Territoire de Nyiragongo’’. Ce projet vise l’autonomisation économique et le soutien psychosocial des 40 femmes du village de Kanyaruchinya tout en encadrant leurs maris dans les groupes de réflexion sur la masculinité positive.L’objectif est de renforcer leur capacité à retrouver une autonomie durable tout en favorisant leur bien-être psychologique et social.
Cette autonomisation a commencé par une série de renforcement des capacités de ces 40 femmes en différentes thématiques, telles que : les notions sur le genre et les violences basées sur le genre, le leadership féminin, la gestion des AGR et inclusion financière numérique. Sur le plan économique, le projet vise à soutenir les activités génératrices de revenus des bénéficiaires en leur fournissant des intrants agricoles pour la culture des pommes de terre, et d’élevage des poules, des porcs et des lapins, ainsi que leur accompagnement dans les AVEC (Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit) adaptés au contexte local. Cette approche permet non seulement de renforcer la sécurité alimentaire des ménages, mais aussi de créer des opportunités de revenus durables. À travers ces activités, les femmes deviennent progressivement actrices de leur propre développement, capables de subvenir aux besoins essentiels de leurs familles et de contribuer à la dynamique économique de leur communauté.
Cependant, l’autonomisation économique ne peut être complète sans la prise en compte des dimensions psychologiques et sociales. De nombreuses femmes déplacées ont vécu des expériences traumatisantes liées aux violences, aux déplacements forcés et à la perte de leurs repères. C’est pourquoi le projet intègre également un programme de prise en charge psychosociale, visant à accompagner les femmes dans leur processus de guérison et de reconstruction personnelle.
Ce programme comprend des séances de soutien psychologique, des espaces d’écoute, des groupes de parole et des activités de guérison collective permettant aux participantes d’exprimer leurs émotions, de renforcer leur estime de soi et de retrouver confiance en leurs capacités. Ces moments de partage favorisent également la solidarité entre femmes et contribuent à reconstruire les liens communautaires fragilisés par les crises.
En combinant autonomisation économique et accompagnement psychosocial des femmes à Kanyaruchinya, l’initiative de COMEN s’inscrit pleinement dans l’esprit du thème national de la Journée internationale des droits des femmes. Elle démontre que garantir les droits des femmes passe non seulement par la reconnaissance de leur dignité, mais aussi par la création d’opportunités concrètes leur permettant de reconstruire leur vie avec dignité, espoir et autonomie.
À travers ce projet, COMEN réaffirme son engagement à placer les femmes au cœur des solutions pour la paix, la résilience et le développement durable des communautés. Car lorsque les femmes sont soutenues, autonomisées et accompagnées, elles deviennent des forces de transformation capables de bâtir un avenir plus stable et plus juste pour toute la société.









